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Le Drapeau du 1er Régiment d’Infanterie de Marine

 
 

 

Le 1er régiment d’infanterie de marine, crée en 1822, reçut probablement un drapeau, comme les autres régiments, mais aucun document n’existe à ce sujet aux archives de la marine. Celui ci devait être du modèle en usage dans l’Armée de terre, de 1815 à 1830, c’est à dire un drapeau à fond blanc et étamine frangée d’or, mesurant 1,5 x 1,5 m. Les emblèmes de la restauration sont détruits en 1831.

 En 1842, les trois régiments de marine reçoivent des emblèmes tricolores à bandes verticales, avec une hampe surmontée d’un coq en bronze doré, fixé sur un caisson. Sur l’avers, est inscrite la dédicace « Le Roi des Français au 1er Régiment d’Infanterie de Marine », le revers comportant la mention «  Honneur et Patrie ». Ne survivant pas à la chute du régime, cet emblème est incinéré avec tous ceux de la Monarchie de Juillet dans le courant de l’année 1848.

 En février 1852, le régiment reçoit un nouveau drapeau tricolore, fixé sur une hampe peinte en bleu, surmontée d’une Aigle impériale aux ailes déployées. Sur l’avers, est inscrite la dédicace : Louis Napoléon au 1er Régiment d’Infanterie de Marine. Le revers porte la liste des batailles ou opérations auxquelles le corps a participé depuis sa création : Océanie (1843, 1844, 1845, 1846), Mogador (1844).

 La réorganisation de l’infanterie de marine de 1854 ayant attribué l’Aigle du 1er de l’arme au 2, l’Empereur attribue une Aigle neuve au régiment le 10 octobre 1854. L’emblème est remis au corps le 5 novembre, par le contre-amiral Pellion, préfet maritime de Cherbourg. Le régiment s’étant brillamment illustré à Bomarsund, l’inscription « Baltique 1854 » est rajoutée trois ans plus tard.

En 1862, les Aigles en bronze doré surmontant la hampe des emblèmes de tous les régiments de l’Armée sont remplacés par des Aigles en aluminium doré.

 

De Bazeilles à Crépey

 

   L’Aigle du 1er régiment se trouve à Bazeilles lorsque les troupes françaises se font encercler dans la cuvette de Sedan en 1870. Pourtant, l’emblème ne tombe pas aux mains de l’ennemi. En effet, quoique grièvement blessé, le colonel Brière de l’Isle qui commandait le régiment avait grand soucis de son drapeau. Il donna l’ordre de découper l’étamine du drapeau et de partager les fragments entre les officiers et les plus anciens soldats. Il conserva la cravate pendant toute sa captivité et la rapporta en France en 1871, la remettant aux officiers du 1er et 5ème régiments à Cherbourg. La hampe et la partie principale qui  avaient été enterrées ne furent jamais retrouvées. 

 Durant les 10 années qui suivent, les régiments français sont dotés de drapeaux et étendards provisoires, en laine, de facture assez grossière. Ces emblèmes sont presque tous brûlés, après restitution au Service de l’Artillerie, gestionnaire de ceux ci, au château de Vincennes en 1880.

 Le 14 juillet 1880, le 1er régiment d’infanterie de marine reçoit un nouvel emblème des mains du Président de la République Jules Grévy. La remise a lieu à Longchamp, près de Paris, au cours d’une cérémonie grandiose, en présence d’une foule immense acclamant la résurrection de l’armée française. L’emblème remis au 1er RIMa porte quatre inscriptions commémoratives, sans millésime : Bomarsund, Pei-Ho, Ki-Hoa, Puebla. Consécutivement à la réforme des troupes coloniales de 1901, le drapeau est modifié par changement d’appellation en 1903, la dénomination 1er régiment d’infanterie coloniale succédant à celui d’infanterie de marine.   

            Le 14 juillet 1910, pour honorer l’œuvre accomplie par les troupes coloniales, le Président de la République décerne la Croix de la Légion d’Honneur au drapeau du 1er régiment. Peu avant la guerre, trois nouvelles inscriptions sont portées sur le drapeau : Sontay, Lang son, Maroc.

           L’étendard manque de peu de tomber aux mains des Allemands sur le champs de bataille de Rossignol en 1914, mais l’énergie d’une poignée de marsouins permet de le dégager.  Si le drapeau enterré ne fut jamais retrouvé malgré les recherches effectuées après la guerre, la pointe dorée, la cravate et la Légion d’Honneur du drapeau furent récupérées et déposées au Musée de l’Armée. Espérant retrouver le drapeau enfoui à Rossignol, le régiment ne reçut pas d ‘emblème jusqu’à sa dissolution en 1929.

          Le 22 janvier 1936, le général Gamelin, chef d’état-major de l’Armée lui remet un nouvel emblème au 1er RIC récemment reconstitué, arborant fièrement la pique et la cravate sauvées à Rossignol en 1914.

          En 1940, un quart de siècle après Rossignol, l’emblème connaît à nouveau un sort tragique. Le 21 juin, le régiment encerclé par les Allemands, le colonel Fauchon brûle l’étamine et la cravate, les croix de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre de 1914-1918 et fourragères étant confiées au commandant Tailland qui les conserva pendant sa captivité. Libéré en 1943, il les remit au général Chassard, alors directeur des troupes coloniales à Royat. Le général n’ayant pu être retrouvé, on ignore ce qu’il advint des décorations.

Après le passage des Allemands, la lance du drapeau, enterrée pour la seconde fois, est retrouvée et déterrée par un patriote, monsieur Flambeau de Crépey, qui la cache et la conserve durant toute l’occupation, ainsi que les cendres et les fils d’or du drapeau qu’il recueilli.

         Son neveu le sous-lieutenant Richard remit ces reliques au commandant du 1er bataillon de marche de la 20ème  région à Nancy le 12 novembre 1944. Versées ensuite à la direction des troupes coloniales par le régiment de marche du Tchad (2ème DB), puis au Service Historique, ces reliques sont maintenant au Musée de l’Armée.

  

Depuis 1945

 

              En attendant la confection d’un nouvel emblème, le 1er RIC reconstitué reçoit le 2 avril 1945, la garde du drapeau du 7ème RIC, sauvé en 1940. Un drapeau neuf, réalisé en 1945, est remis au corps le 30 novembre par le général De Gaulle. En juin 1949, pour honorer le régiment, la pique, sauvée deux fois, est gravée des dates tragiques, 1914 et 1940, et remise en service sur le drapeau neuf de 1945. Le service chargé de la gestion des emblèmes, au SHAT, considère que c’est une particularité unique dans l’armée française.

             En 1952, le général Henri Lapierre, directeur des troupes coloniales et grand mainteneur des traditions de l’Arme, obtient l’autorisation d’apposer l’inscription Bazeilles 1870 sur les drapeaux des 1er, 2ème, 3ème et 4ème RIC, ainsi que sur l’étendard du 1er RAC.

             En 1958, le 1er RIC redevient 1er RIMa. Il faut cependant attendre le 7 mai 1963 pour que le régiment reçoive un drapeau neuf comportant la nouvelle appellation du corps, la relique étant versée au Musée de l’Armée.

 

L’emblème porte 15 inscriptions commémoratives :

 

                        Bomarsund 1854; Forts du Pei-Ho 1860; Ki-Hoa 1861; Puebla 1863; Bazeilles 1870; Sontay 1883; La Marne 1914; Champagne 1915; Dobropolje 1918; Tobrouck 1941; Bir Hakeim 1942; Garigliano 1944; Belfort 1944; Authion 1945; AFN 1952-1962.

 

A la cravate sont accrochées les distinctions suivantes :

 

-Croix de Chevalier de la   Légion  d’Honneur

                       -Croix de Guerre 1914-1918 avec deux palmes

                       -Croix de Guerre 1939-1945 avec une palme

                       -Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1918

            Le dernier emblème est remis au corps le 13 octobre 1985.

 

 

CHRONOLOGIE

(voir le menu ci-contre pour le détail des batailles)

 

1822 : création du 1er RIM

1827 : dissolution du régiment

1831 : recréation du 1er RIM

1854 : réforme des troupes de marine

1854 : campagne de la Baltique : BOMARSUND

1860 : campagne de Chine: FORTS DU PEI-HO

1861 : expédition en Cochinchine combats de KI-HOA

1861 : expédition du Mexique

1863 : prise de PUEBLA

1865 : installation d’une garnison en Cochinchine

1869 : installation d’une garnison au Sénégal

1870 : guerre franco-prussienne combats de BAZEILLES

1883 : prise de SONTAY

1883 : débuts des colonnes du Haut-Niger

1885 : prise de Lang Son

1890 : réorganisation des troupes de marine

1901 : le 1er RIM devient 1er RIC

1910 : remise de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur.

1914 : août : bataille de Rossignol; septembre : bataille de LA MARNE

1915 : bataille de CHAMPAGNE

1916 : départ du régiment pour Salonique

1918 : offensive du DOBROPOLJE

1929 : dissolution du régiment

1936 : recréation du 1er RIC à Paris et Dreux

1940 : Campagne de France. Dissolution du régiment

1941 : campagne de Libye. TOBROUK

1942 : bataille de BIR-HACKEIM

1943 : création de la 4ème brigade de la 1ère DFL

1944 : campagne d’Italie. GARIGLIANO

1944 : août : débarquement en Provence novembre : prise de BELFORT

1945 : avril combats de l’AUTHION

          1945 : 8 mai la 4ème brigade devient 1er RIC

1947 : le 1er BM du 1er RIC en Indochine

1955 : début des opérations en Algérie

1959 : le 1er RIC redevient 1er RIMa

2005 : inscription AFN 1952-1962 pour sa participation à la guerre d’Algérie et aux combats d’Afrique du Nord  

 

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