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La popote
et tout particulièrement celle des lieutenants, est le lieu
où se cultivent et se perpétuent certaines traditions moins solennelles mais
dont l'importance ne saurait être mésestimée, ne serait-ce que par le sens d'un
certain cérémonial, d'un certain goût du panache, qu'elles développent.
Le fanion se trouve sur la table des Lieutenants devant leur président.
"- Levé... le règlement de popote est appliqué.
- Baissé... c'est la détente. "
La poussière est une petite cérémonie qui semble tirer son origine d'une
coutume de l'Armée d'Afrique et notamment des colonnes mobiles qui arpentèrent
le Sud en tous sens. L'eau était rare, parfois plus que le vin. Aussi, certains
soirs, quand on avait le loisir de dresser le couvert, prenait-on le temps de
rincer les verres poussiéreux avec une goutte de vin... que l'on se gardait bien
de jeter ! Le cérémonial traditionnel correspond aux commandements suivants :
"- Préparez vous pour la poussière !
" Chacun s'assure que son verre contient un peu de vin rouge en général.
"- Garde à vous Chacun fait cul sec
.
Nota : Dans la colo, on n'est pas dans la cavalerie... donc ceci s'exécute
assis et non debout, et inversement....
Puis, le popotier, ou le maître de chant, entonne "Les biffins", précédé ou
non du refrain de l'unité.
Le biffin c'est le militaire des autres armes. L'appellation vient du XIXe
siècle quand marins, Marsouins et Bigors, fiers de leur tenue impeccable, dont
ils étaient d'ailleurs propriétaires, reprochaient aux soldats de l'armée de
terre d'être habillés comme des chiffonniers ou biffins en argot. Par égard
spécial pour leurs vieux compagnons de route et de combat, Marsouins et Bigors
n'ont jamais appelé ainsi les Légionnaires. Dans les cas graves et sous le coup
d'une juste indignation, le biffin peut devenir un "cul rouge", en raison de la
couleur du fond de son képi, pâle reflet de son ancien pantalon. Par tradition,
dans les Mess et popotes de l'Arme, le premier coup de rouge du repas est
précédé de la ritournelle "les biffins..."
"Les biffins c'est comme les homards Putain d'biffin qu'as tu, as tu d'la merde aux fesses
Le popotier lit le menu, traditionnel dans tous les mess et popotes
d'officiers de l'Armée Française, avec une légère variante propre à la
Coloniale :
"Vos gueules là-dedans,
Bon appétit mon ... (grade du président), Et ce dans l'ordre hiérarchique
inverse afin de faciliter,
Par là le jeu normal de
l'avancement dans l'armée française en général
Et dans les Troupes de Marine en
particulier,
Ce dont je serai le dernier et Ô
combien indigne bénéficiaire." Les personnes présentes répondent :
"Mort à ce cochon de popotier, et qu'il en crève, que le cul lui en pèle ".
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