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LES ORIGINES DES TROUPES DE MARINE
L’histoire des Troupes de Marine commence véritablement au début du XVIIe siècle. En effet, à cette époque, la France ne dispose pas d’une flotte permanente: les compagnies sont recrutées à chaque entrée en guerre et licenciées à chaque fin de campagne. Afin de remédier à cette situation, le Cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII, met en place un corps de troupe permanent : en 1622, il crée cent Compagnies franches de Marine, appelées également Compagnies ordinaires de la mer. Composées chacune de cent hommes, elles sont appelées à tenir garnison à bord des vaisseaux, à assurer la garde des arsenaux et des établissements maritimes. L’une d’elles est implantée à Cherbourg qui, plus tard en 1846, deviendra la garnison principale du 1er RIMa, et ce jusqu’au XXe siècle. Ces compagnies sont regroupées en 1626 pour former le Régiment de la Marine, appelé parfois «Vieille Marine ».. Cette formation disparaît au cours d’un naufrage, mais est recréée le 26 novembre 1635 sous le nom de régiment Cardinal-Duc qui prend ensuite celui de « La Marine ». D’autres régiments à vocation maritime sont également institués, comme le Royal Vaisseaux en 1635 ou La Couronne en 1638. Or, toutes ces unités servent surtout aux colonies. C’est la raison pour laquelle Colbert crée, le 20 décembre 1669, deux régiments de marine (le Royal Marine et le Régiment Amiral) destinés au service des vaisseaux et des ports. Cependant, l’entreprise de Colbert ne réussit pas mieux que celle de Richelieu, puisque les deux régiments créés continuent d’être très présents aux colonies. Pour y remédier, Louis Phelypeaux, secrétaire d’Etat à la Marine, met en place de nouvelles compagnies franches de la Marine, le 15 avril 1689. Ces compagnies franches sont supprimées par l’ordonnance royale du 5 novembre 1761. Un corps royal d’artillerie et d’infanterie de la marine leur succède. Cette nouvelle formation est remplacée, le 18 juin 1772, par le corps royal de Marine qui regroupe toutes les troupes et tous les vaisseaux de la Marine. Il comprend huit régiments, affectés chacun dans un port différent. Un décret du 14 juin 1792 fait table rase des entreprises des vingt années précédentes et institue six régiments de marine, dont quatre d’infanterie et deux d’artillerie. Supprimés le 28 juin 1794, ils sont remplacés par sept demi-brigades de Marine l’année suivante, puis par quatre régiments de Marine. Ces derniers font place en 1816 à huit bataillons. Ces huit bataillons, formant un nouveau corps royal d’artillerie, sont la dernière étape avant la création du 1er régiment d’infanterie de marine. Les débuts du 1er RIMa Création du 1er RIM Le 7 août 1822 est considéré comme l’acte de naissance du régiment. C’est en effet à cette date qu’une ordonnance royale décide la création de deux régiments d’infanterie de Marine (1er et 2e RIM) et d’un régiment d’artillerie de Marine (1er RAM), issus des 8 bataillons de l’ancien corps royal d’artillerie de marine.
A cette époque, les troupes du 1er RIM sont affectées à bord des bâtiments de guerre, mais aussi à la garde des ports et des arsenaux de la Marine. Leur fonction les différencie donc nettement des troupes des colonies qui, rattachées au département de la Guerre, assurent l’occupation et la défense des possessions d’outre-mer. L’ordonnance du 13 novembre 1822 fixe la composition et l’implantation du régiment, dont l’Etat-major et 19 compagnies s’implantent à Brest, 5 autres à Cherbourg.
Pourtant, l’édifice s’avère encore bien fragile. Faute d’une solide organisation, l’existence même de l’infanterie de Marine est rapidement remise en question. Embarquant à bord des vaisseaux, elle se heurte très vite à l’hostilité des officiers de Marine qui, voulant commander directement à leurs fantassins, cherchent tout naturellement à éliminer l’infanterie de Marine. Le rapport de force tourne au désavantage de cette dernière. Le 28 août 1827, les 1er et 2e RIM sont dissous, leur personnel étant incorporé dans le 3e bataillon des 11°, 13e et 15e régiments d’infanterie légère. Seule est conservée une petite équipe appelée à instruire les marins assurant eux-mêmes le service de mousqueterie sous les ordres des officiers de vaisseaux. Pour pallier cette dissolution, l’ordonnance du 28 août affecte trois régiments d’infanterie au service ordinaire des colonies, qui fournissent des garnisons outre-mer (Sénégal, Guyane, Antilles françaises).
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